Manifeste

Tous dehors !

Le kino préfère les lieux sans noms. Lieux sans noms car loin de la supervision de l’État et de ses institutions, ces lieux qu’il investit sont davantage des espaces qui demandent à s’inventer, loin des définitions. Au sein d’une jungle urbaine de plus en plus contrainte, il s’agit de trouver des espaces interstitiels où toute forme d’expression a sa place et sa raison d’être, sans censure ni autocensure. Des sortes de zones autonomes temporaires*, où il est permis de jouer – c’est à dire, où il y a du jeu, où l’espace est suffisamment lâche et mouvant pour permettre de ruser, d’être déviants et créatifs.

*cf TAZs, Hakim Bay

Petit impermanent !

L’impermanence permet de prêter une attention particulière à la pertinence de l’événement, c’est un rythme plus humain qui éloigne le risque d’industrialisation des événements.

Le kino – kinêma : mouvement. Un nom qui lui va bien, car le kino est nomade. Chercher toujours de nouveaux lieux où se produire lui permet de se reconstruire à chaque fois, de rester vigilant à sa propre nature et toujours critique par rapport à sa raison d’être. Le kino cherche la désorientation continue, celle qui nous fait voir le monde à l’envers, mais qui nous remet la tête à l’endroit.

« I’m Nobody »

Le kino est multiple, composé de personnalités diverses qui viennent d’horizons différents, empruntent des chemins différents, mais vont toutefois dans la même direction. Il compose avec les mille visages qui gravitent autour de lui
– nous, vous – qui venons nourrir son identité à facettes. Quelles que soient nos relations aux corps, aux autres, elles peuvent être portées par des convictions fortes et intimes ou au contraire par des voix plus hésitantes. Ces rapports au monde protéiformes, plus ou moins braillés ou chuchotés, sont les bienvenus au Kino, dans le respect des genres, des sexes, des individus. Qui que tu sois et d’où que tu viennes, tu fais bien d’être là.

Sans frontières

Le kino n’a pas pour vocation de choisir en fonction d’une quelconque légitimité (expérience, curriculum vitae…) celleux qui participent à ses rencontres. C’est ainsi qu’à l’intérieur de ces tentatives d’être ensemble, tu peux dire, montrer, faire tout ce que tu as envie de dire, montrer ou faire. Danse, exposition, cinéma, théâtre, musique, performance, installation, atelier, tout à la fois ou rien de tout ça : les formats qui prennent place dans ses événements sont eux aussi multiples et hybrides, au-delà des frontières des êtres et des arts. Il s’agit de créer des connexions entre différents mondes. Entre différents publics d’abord, mais aussi entre publics et artistes, entre différentes disciplines artistiques, et enfin entre les habitant.es du lieu d’accueil et les visiteur.ses extérieur.es venu.es prendre part à la vie du lieu. Ce laboratoire un peu fou propose d’autres manières de vivre la culture. Il donne un espace d’expression à celleux qu’on entend jamais. Au travers ces expérimentations culturelles et sociales, on espère garder l’?il acéré et l’esprit toujours vif, être
bousculé.es, rire et pleurer, parce que les gens sont toujours surprenant.es
quand on les laisse s’exprimer ; parce que la poésie est là où on ne l’attend pas.

Endimanchés

Le dimanche, c’est peut-être le dernier moment où il est encore permis de vagabonder, de ne rien faire, de s’ennuyer. Et c’est tant mieux, car de l’ennui vient le désir de créer, l’envie de partager. C’est peut-être la seule parcelle de temps encore protégée et qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Petite parcelle de temps où nous pouvons transmettre des choses, recevoir, laisser libre cours à la sérendipité de nos discussions et de nos pensées, sans obligation de productivité. Après avoir renoncé à la promenade dominicale, nous aimerions retrouver ailleurs une forme de cérémonie collective à travers la chaleur humaine et les rencontres impromptues. Il s’agirait de redonner au dimanche sa définition sociale et rituelle, libérée des sermons.

.

Concrètement ? 

un lieu 

Maison, appartement, terrain, légal ou illégal, toujours légitime.

des gens, des propositions

Performeur.ses, musicien.nes, plasticien.nes, danseur.ses, crieur.ses public, atelier, diffusion, projection, exposition, installation…

un temps

Le dimanche, du milieu d’après-midi pour te laisser le temps de grasse-matiner, jusqu’en milieu/fin de soirée pour te permettre de rentrer chez toi et appréhender le lundi en toute sérénité.

un buffet

Un buffet participatif est mis en place, chacun.e est libre de ramener le croûton de fromage qui traîne dans son placard, de concocter une petite soupe, de ramener son reste de jus de fruit… ce que tu as, peux, veux.

un prix, libre

La présence est déjà une récompense, mais si on veut renouveler l’expérience, ta participation peut nous aider, dans la mesure de tes moyens ou de ton envie.

une adhésion

Deux euros pour une année, ça nous permet de perdurer depuis six ans, et ça te protège en cas d’accident.

des bénévoles

Une équipe d’environ 10-15 actifs bénévoles, pour monter tout ça et réfléchir. N’hésite pas à venir nous parler !

des surprises 

Le kino s’organise principalement autour des Thérapies, mais parmi les événements organisés figurent également les Impromptus et les Kinoscopies.

.

 

Publicités